Olivier Nyirubugara, www.olny.nl Editor |
Après notre Dossier Spécial sur la Révolution de novembre 1959, nous voudrions très logiquement vous présenter la suite des événements qui ont marqué l'histoire du Rwanda à la fin de la décennie 50 et au début de la décennie 60. En effet, comme cela apparaît dans le Dossier Spécial sur la Révolution de novembre 1959, l' idée est de mettre les matières premières à la disposition des chercheurs, surtout la jeune génération rwandaise aussi bien de l'intérieur que de l'extérieur du Rwanda. Notre but, faut-il encore le rappeler, n'est pas de réécrire l'histoire, mais tout simplement reproduire les archives et articles scientifiques sur cette période qui reste à découvrir.
Nous espérons que les articles et archives reproduits sur cette page instruiront le lecteur, en clarifiant les rôles joués par les uns et les autres dans cette lutte entre 'émancipationnistes' republicains soutenus par l'administration coloniale belge d'une part et les monarchistes-traditionalistes soutenus par l'Organisation des Nations Unies d'autre part. Les divergeances d' opinions et de stratégies quant à l' avenir direct du Rwanda - résumées par les slogans: Democratie d' abord, indépendance ensuite ( Demokarasi y' aboro) pour les républicains et Indépendance immédiate pour le camp monarchiste - sont largement expliquées.
Le lecteur sera amplement eclairé sur le fameux Congrès de Gitarama du 28 janvier 1961 qui aboutit à ce qui est communément appelé - à tort ou à raison - "le coup d'Etat de Gitarama" ou encore " le coup d' Etat du Colonel Logiest". Qui a fait quoi ce jour là et pourquoi? Pourquoi ce jour-là et non une semaine plus tard? Pourquoi J. Gitera fut-il déçu alors que le Parmehutu venait de le présenter avec succès à la présidence de l'Assemblée législative? Et quel est le rôle du résident spécial Logiest dans cette affaire? Et l'ONU dans tout ça? Les questions sont nombreuses et elles ont toutes leurs réponses dans les articles et archives ci-dessous.
Nous saisissons donc cette occasion pour lancer un appel à tous ceux et toutes celles qui auraient à leur disposition des documents relatifs à ce sujet, de nous les faire parvenir à cette adresse olny@olny.nl afin que nous puissions enrichir et compléter cette page. Il va de soi que des réactions, sous forme d'article non-idéologique mais plutôt scientifique, sont également les bienvenus sur cette page.
Dans l'espoir que ce dossier répondra à vos attentes, nous vous souhaitons donc une très bonne lecture.
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Rapport sur la situation politique présenté au Mwami Kigeli V, par un Européen d'Usumbura.
Mwami, J'ai l'honneur de vous rendre compte de la mission d'information que vous avez bien voulu me confier. Outre mes nombreux contacts antérieurs, j'ai eu au cours de mon voyage, à Usumbura, Astrida, Nyanza, Gitarama, Kigali, Ruhengeri et aux environs des centres rencontré une centaine de personnes, ruandais et européens, isolément et en groupe. J'ai rencontré notamment Mgrs Perraudin, Bigirumwami, Déprimoz. Je n'ai pas pu voir l' Abbé Alexis Kagame en retraite. A dessein, et aussi parce que souvent j'en ai donné la promesse, je ne citerai dans ce rapport aucun nom, me bornant à donner les conclusions d'ensemble ou citer les avis individuels lorsqu' ils m'ont paru émaner de personnes et de groupes, dignes de considération par leur importance et expérience. J'ai commencé par m'informer auprès du Chef des Affaires Politiques à Usumbura, un désigné comme tel par Monsieur le Vice-Gouverneur Général, de la situation exacte des partis politiques au Ruanda: leur nombre, comité directeur actuel (au 24-12-1959), informations qui, je crois, doivent être légalement fournies par les partis. J'ai dû constater que ce service ne possède, malgré d'épais dossiers, aucune information précise sur les organes directeurs des partis, arguant de la confusion, des modifications incessantes. Il n'a pas su non plus, si des dirigeants de partis - UNAR notamment - étaient ou non inculpés ou l'objet d'un mandat d'amener, ni quels chefs d'inculpation pesaient sur ceux qui étaient en prison. L'explication a été que ces informations arrivent avec un retard de
plusieurs semaines.
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Le groupe de travail et la déclaration gouvernementale
Suite à l'institution en août 1958 d'une "Groupe de travail pour l'étude du problème
politique au Congo belge", Le Conseil général du Ruanda-Urundi, en sa session ordinaire de décembre 1958, demanda
à l'unanimité "la venue au Ruanda-Urundi d'un groupe de travail qui prendrait contact avec les populations
du Ruanda-Urtundi pour préparer une orientation nouvelle de l'évolution politique du Territoire". [1]
L'arrêté ministériel du 16 avril [2] institua un "Groupe de travail pour l'étude du problème
politique au Ruanda-Urundi", comptant cinq membres et deux adjoints, fonctionnaires de l'Administration
du Territoire. Aux termes de l'arrêté l'instituant, le groupe de travail était chargé de s'"enquérir des aspirations
des habitants du Ruanda-Urundi et des vues qu'ils ont sur la manière de conduire l'évolution administrative
et politique de ce territoire." et "d'en faire rapport au ministre du Congo belge et du Ruanda-Urundi, en y joignant
ses considérations et suggestions". Le groupe parcourut le territoire du 22 avril au 7 mai 1959: il couvrit 1100 km.,
siégea
dans 11 localités différentes, écouta directement 511 témoins, reçut au total 744 personnes et réunit plus de 2700 pages
de documentation
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L'installation des autorités intérimaires
On ne peut surestimer l'importance de la première action strictement politique du résident spécial,
le colonel Logiest: l'installation d'un nombre élevé d'autorités "intérimaires" hutu. Vers la fin de novembre 1959,
après la jacquerie, un nombre impressionnant de chefs et de sous-chefs, en majorité tutsi, n'exerçaient plus leur
commandement par suite d'arrestation, de fuite, de mutation, de sinistre, de démission ou d'élimination physique.
Des 45 chefs en place avant ;es événements, 23 avaient perdu leur fonction; des 449 sous-chefs, 158 n'exerçaient plus
leur commandement. Les conséquences politiques de la jacquerie furent différentes de territoire à territoire: Gitarama,
Gisenyi et surtout Ruhengeri furent très touchés, tandis qu'Astrida, Kibuye, Nyanza et Kigali les effets furent moins
importants. Kibungo, Cyangungu et Byumba furent pratiquement épargnés . On ne peut manquer
de remarquer que deux des territoires les plus touchés, Gisenyi et Ruhengeri, furent ceux où les Tutsi avaient subi
les plus lourdes pertes lors de la consultation de 1956 (...). Quant à Gitarama, c'est là que débuta la jacquerie et
que se situait le vicariat apostolique de Kabgayi qui avait dans une large mesure épousé la cause hutu.
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Le décret intérimaire
Le décret intérimaire du 25 décembre 1959 sur l'organisation politique du Ruanda-Urundi [1] fut la suite immédiate de la déclaration gouvernementale du 10 novembre 1959 et de la jacquerie qui avait éclaté au Rwanda début novembre. Il traduisit en termes juridiques les intentions prudentes du gouvernement belge quant au programme politique à suivre. ... Le décret intérimaire établit une structure provisoire mettant fin à la dualité entre
l'administration générale (coloniale) et l'organisation coutumière (indigène)...Le décret de 1959
entend assurer un renouvellement plus démocratique de ces conseils [des conseils élus indirectement institués
par le décret de 1952] à l'échelon de base et aux échelons supérieurs du pays et du territoire. Le décret
remplace les sous-chefferies par des communes "provisoires" [2], possédant la personnalité
civile et administrées par un chef de commune assisté d'une conseil. Ce conseil est composé de membres élus au
suffrage universel à raison d'un conseiller par tranche de 150 contribuables; leur mandat est de trois ans
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La création du Conseil Spécial Provisoire
Dans une allocution diffusée sur l'antenne de Radio Bukavu le 19 janvier 1960, Monsieur le Résident Général Jean Paul Harroy annonçait la création d'un groupe de six conseillers spéciaux habilités à exercer en collège les pouvoirs de l'ancien Conseil supérieur du pays et de l'ancienne Députation permanente. Il précisait que les conseillers devaient en outre assister le Mwami en l'aidant grâce à leur autorité sur le peuple et leur expérience des problèmes du pays. Cette action devait permettre enfin la transition entre le pouvoir autocratique d'hier et le régime démocratique et constitutionnel de demain. ... Lorsqu'il s'agit de choisir les membres du Conseil spécial, le Gouvernement se trouva devant une tâche difficile puisqu'il fallait en attendant les prochaines élections, concilier les tendances contradictoires qui animent l'opinion publique ruandaise. Il fut finalement décidé d'adopter une formule empirique...
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Mesures proposées au Mwami Kigeli V par le Conseil Spécial Provisoire du Rwanda pour contribuer à la pacification du pays
Objet: MESURES POUR CONTRIBUER A LA PACIFICATION A. Mwami 1-Constitution d'un cabinet composé de 4 membres, chacun représentant un parti différent (Unar, Aprosoma, Parmehutu, Rader). Avis: Unar: Accord; choix du Mwami parmi 2 candidats proposés par chaque parti. Mais en plus un chef de cabinet européen choisi par le Mwami. Que le Mwami n'ait pas actuellement de précepteur, mais se rende ultérieurement en Belgique pour parfaire sa formation politique, sous tutelle du Roi Baudouin. Aprosoma: Accord; choix du Mwami parmi 2 candidats proposés par partis. Pas de chef de cabinet européen mais un précepteur européen non politisé et agréé par le Conseil Spécial. Parmehutu: idem. Rader: Accord mais les quatre membres seraient imposés par les partis...
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Rejet par le Mwami Kigeli V des mesures lui proposées par le Conseil Spécial Provisoire du Rwanda
AVIS ET CONSIDERATION 1- Constitution d'un cabinet: La constitutionnalité d'un roi suppose une constitution du pays; un organe législatif, un organe exécutif. De là, j'aimerais savoir le caractère légal, le rôle et les attributions exactes du Cabinet envisagé. Le décret du 14 juillet 1952 ainsi que celui du 25 décembre 1959, définissent de façon supplétive les responsabilités dévolues au Mwami. On pourrait également se demander si c'est en vertu de l'article 26 du décret du 14 juillet 1952 que la réunion du 23-24 mars s'est basée pour proposer la création dudit Cabinet. Enfin, je souhaiterais également savoir, avant de me prononcer, quelle est la position de l'administration tutélaire sur cette institution...
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Lettre de M. G. Kayibanda au Résident Général concernant l'ajournement des élections
Monsieur le Résident Général, J'ai l'honneur d'attirer l'attention de votre haute Autorité sur les graves dangers pour l'ordre public et la démocratisation du pays que comporterait l'ajournement des élections communales. Je le fais en mon nom personnel et aussi au nom du Mouvement de l'Emancipation Hutu (Parmehutu), dont j'assume la présidence. Nous comprenons sans doute les craintes du Gouvernement belge devant la recommandation de la Mission de l'ONU, l'attitude du Gouvernement belge est défendable. Mais il y a aussi la réalité actuelle du Ruanda que votre Autorité n'ignore pas - votre dernier discours nous a montré que vous vous rendez compte des réalités psycho-politiques du Ruanda actuel. Nous savons, par ailleurs, que la Belgique est trop honnête pour se retirer du Territoire sans avoir mené à bout l'oeuvre de démocratisation qu'elle a commencée. Aussi, est-ce avec le ferme espoir de contribuer à l'ordre et à la démocratisation du pays du Ruanda que je vous transmets les observations suivantes, concernant l'ajournement éventuel des élections. 1- L'ajournement des élections - du moins des
élections communales -
détruirait l'autorité de l'administration belge tutélaire. Ce serait confirmer les faux bruits
des féodaux qui présentaient les avis et
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Les élections communales
... Les élections communales prévues pour la fin de juin 1960, furent organisées par l'O.R.U. No 221/73 du 10 mars 1960 , modifiée par l'O.R.U 221/134 du 3 juin 1960 . Mais avant le déroulement de ces élections cruciales intervinrent plusieurs faits qui favorisèrent objectivement le Parmehutu. Le 23 mars 1960, les quatre partis s'étaient mis d'accord au sein du Conseil spécial
pour soumettre au mwami des "mesures proposées au mwami Kigeri V par le Conseil spécial provisoire du Rwanda
pour contribuer à la pacification du pays " . Il s'agissaient essemtiellement
des propositions qui feraient du mwami un monarque constitutionnel et qui supprimeraient certains
symboles du régime traditionnel. Il fut proposé notamment d'instituer un cabinet du mwami, composé
d'un représentant par parti nommé par le mwami; le mwami résiderait à Kigali, et tous ses actes seraient
approuvés au préalable par le Conseil; les abiru et le Kalinga seraient supprimés.
Par sa lettre du 23 avril 1960 , le mwami rejeta chacun des sept points proposés
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Pétition de l'Unar remise à la Mission de visite de l'ONU
Monsieur le Président et Au terme de votre visite effectuée dans le Territoire sous tutelle du Ruanda-Urundi, nous prenons respectueusement la liberté de vous soumettre, ci-après, des propositions, que l'Union Nationale Ruandaise estime pouvoir apporter une solution efficace et pacifique à la situation actuelle du Ruanda-Urundi, laquelle est dramatique au Ruanda et tendue en Urundi. Qu'il nous soit d'abord permis d'adresser, au nom de notre parti, nos vifs remerciements à l'Organisation des Nations Unies qui vient de prouver une fois de plus, sa sollicitude envers les peuples dont elle a mission de protéger. En effet, par la résolution du Conseil de tutelle en date du 4 février 1960, qui entre autres stipulations, invite notamment "la Mission de visite à faire une enquête spéciale sur les circonstances et les troubles qui ont éclaté récemment au Ruanda-Urundi", les Nations Unies ont répondu à l'appel au secours que, par le canal de notre parti, les populations leur avaient adressé. En tant qu'interprètes de ces populations, nous rendons aux Nations Unies un hommage déférent et reconnaissant. Sans émettre un pronostic favorable à notre cause, quant
aux résultats de l'enquête que vous venez de mener sur les incidents survenus
dans ce Territoire, nous pouvons toutefois établir avec le maximum de certitude
que bien des faits signalés dans nos deux mémorandums ont fait l'objet de vos
constatations car ils relèvent du domaine de l'évidence. Ainsi, vous aurez sans
nul doute trouvé, notamment au Ruanda, une situation générale confuse, un
désordre frisant le chaos politique. Vous avez vu de près les méfaits du
régime militaire d'exception, instauré prétendument pour rétablir le calme,
et qui a été vite transformé en un monstrueux instrument d'oppression.
Une démonstration des méthodes utilisées pour "pacifier" a été faite en
votre présence avec le bilan de morts et de blessés que vous connaissez.
Pareil spectacle, dont l'Administration belge du Ruanda-Urundi aurait
d'ailleurs dû raisonnablement vous priver, vous a édifiés
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La proclamation de la République
...Suite à un plan de campagne convenu entre les leaders rwandais et le
résident Logiest, Jean Baptiste Rwasibo, ministre de l'Intérieur dans le gouvernement provisoire, convoqua tous
les bourgmestres et conseillers communaux pour le samedi 28 janvier 1961 à Gitarama, le fief de Kayibanda.
Ordre du jour de ce congrès national: "mesures à prendre pour le maintien de l'ordre et la pacification
du pays" .2873 des 3125 bourgmestres et conseillers que comptait le pays étaient présents,
acheminés à Gitarama par des véhicules mis à leur disposition par la résidence et les territoires. Une foule
de plusieurs milliers de personnes se massaient autour du marché où se tenait la réunion. Un peloton de para-commandos
belges se tenait discètement dans les bananeraies en haut de la place; le colonel Logiest était également présent
à Gitarama où il logeait chez l'administrateur Pattyn
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Communiqué No 7 du Colonel Logiest, Résident Spécial
Les partis politiques auront évidemment des candidats dans beaucoup d'endroits. C'est pourquoi j'en parlerai encore dans ce communiqué. Beaucoup d'entre vous, après avoir lu le no 6, sont venus nous dire, ou sont venus dire aux administrateurs: " vous dites dans votre communiqué qu'il y a quatre partis principaux au Ruanda. Or jusqu'à présent le sous-chef (ou le chef, ou d' autres encore) nous a toujours dit qu'il n'y avait qu'un parti, l'UNAR, et que tous les autres étaient des ennemis du Mwami, donc des ennemis du pays". Et nous avons donc dû constater que c'était bien ainsi. Il y a parmi
les autorités les plus importantes du Ruanda, des menteurs qui lancent de tels bruits
pour tromper la population. Mais cela est faux évidemment, et ceux qui discutent cela
sont des membres d'un parti qui emploient des moyens malhonnêtes pour essayer de faire
triompher leur parti. Ce sont des gens qui, ainsi que nous le disons dans le communiqué
no 6, emploient la terreur, l'intimidation et le mensonge pour l'emporter. Ces gens
trompent la population et rendent un mauvais service à leur pays
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Extraits de la lettre du colonel G. Logiest au ministre des colonies De Schrijver
Je déplore que les mesures envisagées par le gouvernement soient précisément de nature à rendre cette évolution politique difficile et dangereuse.
Je m'explique. Sur le plan intérieur le gouvernement s'oppose à l'évolution
normale du pays, c'est-à-dire, à la mise sur pied d'un gouvernement autonome par des élections
du 2 ème degré (...). Je voudrais qu'on sache que le Ruanda, après les dernières élections,
est définitivement entre les mains du peuple
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Les élections législatives et le référendum
L'ordonnance législative No 02/16 du 15 janvier 1961 , reconduite et
légèrement modifiée par celle No 02/ 234 du 15 juillet 1961 institua une assemblée législative qui,
contrairement à celle prévue par le
décret intérimaire, était composée uniquement de membres élus directement. Le gouvernement, te type parlementaire,
assumerait, par le contreseing, la responsabilité politique du "chef du pays", terme qui laissait ouvertes toutes les
options ultérieures. Le gouvernement devait obtenir la confiance de l'assemblée et pouvait être renversé par elle.
Les dispositions du
décret intérimaire concernant l'Assemblée législative n'avaient jamais été appliquées, vu que c'est par l'ordonnance
législative ad hoc No 221/275 du 18 octobre 1960 que le résident général avait institué un Conseil provisoire.
Nous avons vu plus haut que le report des élections législatives prévues par
le
décret intérimaire fut la cause principale du
"coup" de Gitarama . Après la victoire du Parmehutu aux
élections
communales de juin-juillet 1960 et
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Première République : guerres des Inyenzi et divisions intestines
La République rwandaise a été mise en place avant l'indépendance du pays; elle est issue de ce qu'on a appelé le " coup d'Etat de Gitarama". C'était en réalité un évènement révolutionnaire, puisqu'il fut l'oeuvre d'une Assemblée des Représentants du peuple rwandais. C'était en date du 28 janvier 1961, encore sous la Tutelle belge. A partir du 1 juillet 1962, la République rwandaise est devenu un Etat
souverain. A partir de ce moment, le Rwanda a connu un développement remarquable dans tous les
domaines politique, économique, social, etc. Mais il a connu aussi des époques de malheur marquées
notamment par la guerre des "Inyenzi" et par la division des responsables politiques
(guta umurongo)
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