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Olivier Nyirubugara, www.olny.nl Editor |
Dans le cadre de ce projet noble de mettre à la disposition de la jeunesse rwandaise les archives inédites de l'Histoire du Rwanda, nous avons le plaisir d'introduire cette page spéciale destinée spécialement et exclusivement aux archives concernant la Révolution Rwandaise de 1959.
Comme vous le remarquerez, il ne s'agit pas d'analyser cet événement controversé que les uns appellent 'Révolution' et les autres 'début des massacres', mais simplement de reproduire ce qui a été écrit à ce sujet. L'intention première est donc de faciliter la compréhension individuelle de cet événement somme toute unique dans l'Histoire tourmentée du Rwanda. Nous voulons également faciliter la recherche sur ce point, à une époque où l'Histoire du Rwanda semble nous offrir deux versions contradictoires.
Nous saisissons donc cette occasion pour lancer un appel à tous ceux et toutes celles qui auraient à leur disposition des documents relatifs à ce sujet, de nous les faire parvenir à cette adresse olny@olny.nl afin que nous puissions enrichir et compléter cette page. Il va de soi que des réactions, sous forme d'article non-idéologique mais plutôt scientifique, sont également les bienvenus sur cette page.
Dans l'espoir que ce dossier répondra à vos attentes, nous vous souhaitons donc une très bonne lecture.
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Extraits du rapport au Ministre
Si les troubles généralisées ne commencèrent en réalité que la 3 novembre, nous devons faire mention, dans le présent rapport, de la date du 1er novembre; c'est à cette date, en effet, que se produisit l'incident qui devait, deux jour plus tard, déclencher l'insurrection. On peut distinguer dans ces troubles deux phases bien distinctes. Il y eut d'une part
une véritable révolution hutu qui prit son point de départ dans le Ndiza, en territoire de Gitarama et qui,
partant de ce territoire, s'étendit rapidement vers le Nord et l'Ouest dans les territoires de Kisenyi,
Ruhengeri et Kibuye et, d'autre part, une réaction tutsi, qui après s'être manifestée d'abord en territoire de Gitarama,
se produisit ensuite dans le territoire de Nyanza, d'Astrida et de Kigali. Entre cette révolution et la réaction tutsi,
sont venues s'insérer les opérations militaires et l'action administrative de la puissance tutélaire. Pour la
clarté de l'exposé, nous avons cru préférable, dans ce second chapitre, de ne pas suivre strictement l'ordre chronologique,
comme nous l'avons fait jusqu'à présent.
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LA GUERRE CIVILE DE NOVEMBRE 1959
Les événements sanglants de novembre 1959 furent
précédés d'une longue période de fièvre
politique. Dans l'attente de la déclaration gouvernementale, qui aurait
gagné à être faite plus rapidement, les
esprits se sont échauffés de part et d'autre. La Cité des 13 et 14 juin
1959 signalait déjà que les Tutsi
traditionalistes avaient entrepris une vaste campagne de dénigrement
contre les leaders hutu en citant les plus
actifs d'entre eux: Grégoire Kayibanda, Aloys Munyangaju, Joseph
Gitera. Un tract provocant, imprimé en
Belgique, avait été répandu à des milliers d'exemplaires dans tout le
Rwanda. Enfin, l'UNAR organisait
des meetings auxquels les partis hutu répliquaient par des
contre-meetings. L'UNAR tint une réunion publique,
le 13 septembre 1959 à Kigali et en organisa une autre le 20 septembre
à Astrida. Au cours de ces meetings,
de violentes critiques furent adressées à l'Adminsitration belge et aux
Missions. Par la suite, l'UNAR devait
démentir catégoriquement que de telles critiques aient été formulées.
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Extraits du rapport de l'UNAR sur les émeutes au Rwanda (10 novembre 1959)
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Le phénomène révolutionnaire. Chronologie
Comme prémisses de la révolution nous avons relevé notamment les frustrations
ressenties par les Hutu après le décret de 1952 et la suppression de l' ubuhake en 1954,
la diffusion de plus en plus large d'idées égalitaires, la pression internationale et la formation de
contre-élites. Les possibilités d'actions révolutionnaires devaient s'accroître suite à la perception
de la distance séparant l'espoir d'égalité et l'environnement socio-politique qui semblait
exclure une telle possibilité. La constatation s'imposait dès lors que le système ne permettait
pas d'aligner la réalité et les aspirations , une situation conceptuellement bien connue comme
une "privation relative
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L'incident de Ndiza. La Jacquerie.
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Prof. Dr. Filip Reyntjens (Photo ARIB, asbl) |
Un dernier accélérateur de la Révolution doit être mentionné. Plus qu'un simple accélérateur,
ce fut l'étincelle qui alluma la jacquerie. Lorsque Dominique Mbonyumutwa, un des dix sous-chefs
hutu du pays, rentra chez lui après la messe de la Toussaint à Byimana, il fut nargué, puis
maltraité par une bande de militants de l'UNAR. Le bruit commençait à courir qu'il avait été tué
et des groupes de Hutu manifestèrent dans le quartier swahili de Gitarama puis plus tard devant la
maison du chef du Ndiza, la chefferie de Mbonyumutwa. Nkusi, sous-chef tutsi connu pour son arrogance
et son attitude anti-Parmehutu, fut tué avec deux autres notables tutsi de passage. Ce fut le début
d'une jacquerie qui parcourut le pays, territoire après territoire, mais surtout Gitarama, Ruhengeri
et Gisenyi. Seuls Cyangugu et Kibungo restèrent complètement épargnés.
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Le Rwanda |
Les interventions de la Force Publique auraient entraîné la mort d'une quarantaine de personnes; il est extrêmement difficile de chiffrer, avec précision, le nombre de victimes des engagements qui eurent lieu entre bandes de partis opposés, mais il dépasse la centaine (certains évaluent le nombre de victimes à 270).
Le nombre de huttes et habitations incendiées peut être estimé comme suit pour les différents territoires...
Le nombre de réfugiés s'élève à quelque 7.000 dont 5.000 pour le Territoire de Ruhengeri.
Le nombre de chefs et de sous-chefs n'exerçant plus leur commandement à la suite de ces événements (arrestation,
fuite, démission, mutation) était par territoire
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