Extraits de la déclaration de M. Harroy à la session 1958 du Grand Conseil

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Extraits de la déclaration de M. Harroy à la session 1958 du Grand Conseil (le 3 décembre 1958)


(F. Nkundabagenzi, RWANDA POLITIQUE 1958-1960, pp.-43-4)

« La question Tutsi-Hutu constitue un problème indéniable en ce pays d’inégalité de conditions. Il y a un problème de paupérisme généralisé qui touche des masses numériquement beaucoup trop importantes de la population avec , chez ces économiquement faibles, une conviction d’oppression politique, sociale et économique de la part d’un certain nombre de représentants de leurs autorités locales.

Une analyse objective de la situation permet d’admettre que l’organisation politique et administrative, au niveau des collines, est actuellement telle que les abus sont possibles. Ces abus sont-ils rares ou fréquents ?

D’éminentes autorités, africaines comme européennes, sont formelles pour affirmer que, la fréquence de ces iniquités est beaucoup trop grande.

L’ Eglise, dans une Lettre Pastorale de l’an dernier, s’est émue. Par deux « lettres aux sous-chefs » le Mwami Mwambutsa a énoncé sur ce thème, des vérités fort sévères.

Il est un fait que le groupe social des Tutsi détient un pourcentage très élevé des postes officiels dont les tributaires peuvent se rendre coupables d’abus, et que, d’autre part, le groupe des Hutu forme l’immense majorité des masses pauvres où se situent les victimes de ces abus.

Faut-il, vu ce qui précède, admettre que le passé nous a légué et que l’administration belge n’est pas parvenue à éliminer une caste « tutsi » opprimante, exploitant la masse « hutu » sans défense ? Ou devons-nous plutôt reconnaître que l’état actuel des choses permet encore, au Ruanda-Urundi comme dans beaucoup de pays du monde, que la classe paysanne soit insuffisamment à l’abri des vexations de certains représentants locaux de l’autorité, un état de fait seulement, et non une structure politique reconnue ?

L’Administration belge a toujours opté pour la deuxième alternative. Elle s’ est toujours efforcée de traquer les abus partout où elle les repérait, mais nullement de s’attaquer aux Tutsi en tant que tels.

Il est incontestable qu’aujourd’hui, la situation se modifie progressivement et dans le bon sens. Certes, l’évolution est encore lente, la conspiration du si lence perdure encore en beaucoup d’endroits mais les premiers progrès sont là pour prouver que le processus est déclenché. ..»

Lisez aussi la réponse que le Vice-gouverneur Général a donnée à cette lettre

Lisez aussi la lettre de M.A Maus au Vice-gouverneur Général

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