Interview du Président rwandais Paul Kagame avec Stephen Sackur de la BBC le 7 décembre 2006
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Interview du Président rwandais Paul Kagame avec Stephen Sackur de la BBC le 7 décembre 2006

Traduit de l'anglais par Olivier Nyirubugara

Cliquez ici pour visualiser l'interview.

Click here for the English version.

Stephen Sackur during his time as BBC Washington correspondent

Stephen Sackur

Stephen Sackur: Pendant l’automne 1994, environ un million de rwandais mourraient dans ce qu’il convient d’appeler un génocide des temps modernes. Douze ans plus tard, le Président du Rwanda se trouve ici à Londres porteur d’un message comme quoi son pays a surmonté son horrible passé. Le Président Paul Kagame est toujours dans le collimateur de ce passé. Il est actuellement accusé d’avoir commandité l’assassinat politique qui a déclenché le génocide. Paul Kagame est aujourd’hui mon invité sur le plateau de HARD Talk.

Le Rwanda

President Paul Kagame of Rwanda. © http://www.gov.rw

Stephen Sackur: Président Kagame, bienvenue à HARD Talk

Le Président Paul Kagame: Merci. […inaudible]

Stephen Sackur: Le célèbre juge antiterroriste français veut que vous et certains de vos proches soyez traduits devant la justice; il vous accuse d’avoir commandité l’attentat du 6 avril 1994 contre l’avion que le président d’alors utilisait. Etes-vous prêt à laisser la justice suivre son cours ?

Le Président Paul Kagame: Je crois qu’ il ne peut y avoir de justice dans ce cas précis pour différentes raisons : premièrement, il n’ y a pas de fondement quelconque sur lequel baser un quelconque jugement des rwandais, des dirigeants rwandais, ceux qui se sont battus pour arrêter le génocide, ceux qui ont combattu le gouvernement et les forces génocidaires ; et surtout, cela ne peut être fait par qui que ce soit en France, quand on sait que ce pays est sérieusement impliqué dans le génocide au Rwanda. Et nous sommes très sûrs que ce juge n’agit pas dans un cadre légal sain. Ce juge est plus un politicien que quelque chose d’autre.

Stephen Sackur: j’avais suspecté que vous alliez réagir en évoquant les accusations contre la France…Nous en reparlerons. Je voudrais vous rappeler la déclaration que vous avez faite dans une interview à la BBC en février 2004 en disant : « quiconque voudra enquêter sur moi ou me traduire devant la justice [pourra le faire], je n’ai aucun problème à ce sujet ». Qu' est-ci a changé?

Le Président Paul Kagame: Oui, si cette personne agit dans un cadre légal sain. C’est cela que je voulais dire. Cela ne veut pas dire que n’ importe qui pourra venir avec des accusations grossières contre moi et contre...Je suis le président du Rwanda, je suis rwandais, j’avais le droit, j’avais des raisons de m’engager dans la lutte armée pour libérer mon pays de Habyarimana, du gouvernement qu’il dirigeait ; j’ai été réfugié pendant 30 ans en dehors du Rwanda. ..

Stephen Sackur: Mais vous n’aviez pas le droit de descendre son avion et de l’ assassiner!

Le Président Paul Kagame : Eh bien j’avais le droit de me battre pour mes droits !

Jean-Louis Bruguière
The world's most prominent terrorism investigator

Jean-Louis Bruguière The world's most prominent terrorism investigator. ©MICHEL LIPCHITZ / THE ASSOCIATED PRESS, 2001

Stephen Sackur: Mais croyez vous que vous aviez le droit de l’assassiner?

Le Président Paul Kagame : Non [rire], mais bien sûr, Habyarimana étant du côté de ceux que je combattais, il était possible qu’il meure facilement. Supposez que j’y eusse laissé moi-même la vie ; ce juge serait-il entrain de s’intéresser à ma mort et à celui qui m’aurait tué?...Je dis que nous étions dans une situation de guerre. Mais ceci n’a rien à voir avec l’assassin de Habyarimana. Je ne traiterai même pas de ce sujet. Je dis tout simplement qu’il n’est pas étonnant qu’un belligérant meure. Est-ce que cela signifie que quelqu’ un peut monter des accusations grossières contre moi sans..

Stephen Sackur:Excusez-moi de vous interrompre…Mais vous étiez en négociation de paix avec lui à cette époque! Le FPR négociait avec lui.

Le Président Paul Kagame : Oui, et le génocide a commencé juste après. Nous avons eu un génocide…

Stephen Sackur: Vous qualifiez ces allégations de grossières ; mais bien sur vous savez qu’elles ne sont pas grossières. Vous savez que le juge Jean-Louis Bruguière a travaillé sur ce dossier depuis plusieurs années. Vous savez également qu’il est parmi les juges les plus respectés dans toute la France. Il est connu pour sa chasse aux terroristes et leur traduction devant la justice. Il a travaillé sur cette affaire vous concernant, et j’ai ici le rapport d’environ 70 pages de preuves documentées toutes vous désignant comme....

Le Président Paul Kagame: Non,non,non! C’est 70 pages de chiffon, de rien du tout et je vais démontrer cela. Considérez les personnes dont il parle, celles à qui il a parlé et dont il a recueilli les témoignages. Presque toutes sont accusées par le Tribunal International pour le Rwanda. Ce sont des personnes qui, en fait, sont recherchées par ce tribunal mais celui-ci ne peut pas avoir accès à elles ni les arrêter. Toutefois, ce juge, lui, peut avoir accès à elles, parce qu’elles sont protégées en France...

Stephen Sackur: Le juge Bruguière est arrivé à la conclusion que “ l’ ordre final de descendre l’ avion présidentiel a été donné par Paul Kagame lui-même au cours d’ une réunion tenue à Mulindi le 31 mars 1994.

President Juvenal Habyarimana

President Juvenal Habyarimana. © Nouvel Observateur

Le Président Paul Kagame: Cela ne correspond absolument à rien du tout. Premièrement, le juge veut...présente cet incident comme étant à l’ origine du génocide. Mais ce juge, les Français, l’ONU, tout le monde savent que la préparation du génocide a duré des mois. Ca n’a rien à voir avec l’avion. Même si nous parlons de l’assassinat de Habyarimana ou de l’attantat contre son avion, ça n’a rien à voir avec le génocide. C’est absolument ridicule, ridicule.

Stephen Sackur: Pourquoi alors ne pas vous incliner devant le voeu du juge Bruguière …et laisser le Tribunal Pénal International pour le Rwanda étudier votre cas ?

Le Président Paul Kagame: Je ne peux pas m’incliner devant les voeux du juge Bruguière, un juge français avec des motivations politiques dans un pays qui a trempé dans le génocide rwandais ! Jamais ! Tout simplement parce que ce juge est français.

Stephen Sackur: Il n’a pas de motivations politiques. C’est un juge d’instruction dont la spécialité est la lutte antiterroriste....Il échappe au contrôle du gouvernement français.

Le Président Paul Kagame: Pourquoi n’enquête-t-il pas sur le génocide et l’implication des autorités et officiers français dans le génocide rwandais s’ il se veut être crédible?

Stephen Sackur: Je veux revenir sur ce point tout à l’heure. Mais avant d’en finir avec votre point de vue, comme conséquence...

Le Président Paul Kagame: mon point de vue est très simple. Je…

Stephen Sackur: Pourquoi pas? Parce que vous êtes tellement sûr de votre innocence...

Le Président Paul Kagame: je suis très sûr.

Stephen Sackur: Pourquoi alors ne vous inclinez-vous pas devant sa demande de laisser un tribunal international trancher?

Le Président Paul Kagame: Je suis sûr de mon innocence pour différentes raisons...

Stephen Sackur: je comprends votre assurance, mais ma question est simple: pourquoi ne vous inclinez-vous pas devant sa demande de soumettre l’affaire...

Le Président Paul Kagame: C’est même une question de principe. Un juge français n’ a pas le droit de me juger dans ma propre situation au Rwanda.

Stephen Sackur: Il ne veut pas vous juger, il dit tout simplement que...

Le Président Paul Kagame: Il est en train de me juger en montant ce non-sens! Tout d’ abord, pourquoi fabrique-t-il ces histoires ?

Stephen Sackur: Je vous dis que le Rwanda ne peut pas progresser tant que les vraies responsabilités dans l’assassinat du président de votre pays en 1994 n’ auront pas été établies.

Le Président Paul Kagame:Non, non, non ! D’ abord je ne suis pas responsable de la mort de Habyarimana et je m’ en fous ! Je n’ étais pas chargé de sa sécurité. Il n’ était pas responsable de ma sécurité non plus. Et il s’ en serait foutu si j’ étais mort. Je me fous donc de ce qui lui est arrivé. Je combattais ce gouvernement qui m’ a maintenu en exile toutes ces années et que j’ avais le droit de combattre. Et ce juge veut me demander pourquoi ?

Stephen Sackur: Ma question est :comment le Rwanda peut-il progresser, aller de l’ avant si...

Le Président Paul Kagame:Le Rwanda progresse; le Rwanda va de l’ avant sans tenir compte du fait que l’ on ignore celui qui a tué Habyarimana car cela n’ est pas un grand problème pour le Rwanda si on le compare à la mort d’ un million de personnes pendant le génocide pour lequel la France est accusée et au sujet duquel ce juge reste silencieux. Donc, la France et Bruguiere n’ ont aucun droit de rendre notre situation ridicule, de monter un tel non-sens. Les rwandais vont de l’ avant , ils reconstruisent leurs vies, ils vont de l’ avant, je suis leur dirigeant, ils m’ ont élu et tout cela est ridicule.

Stephen Sackur: Vous avez parlé du manque de crédibilité des preuves que je vous ai présentées; vous avez lancé une allégation explosive à l’ endroit de la France. Vous semblez affirmer que les Français étaient impliqués dans l’ assassinat ...du président en 1994...vous dites également...

Le Président Paul Kagame: Ils étaient impliqués dans la mort d’ un million de personnes...

Stephen Sackur: Qui était impliqué dans la mort d’un million de…

Le Président Paul Kagame: Le génocide a emporté un million de vies humaines. Leur [les francais] implication comprend l’ approvisionnement en armes, la participation aux combats contre nous qui tentions d’ arrêter le génocide, le soutien à un président qui montait une partie de son peuple contre une autre partie de notre pays ; et vous me dites qu’ ils sont moins coupables que celui qui a tué Habyarimana qui ne m’ interesse pas du tout ? Je m’ intéresse plutôt au million de personnes tuées…

Stephen Sackur: Je voudrais être plus claire au sujet de ces allégations. Etes-vous entrain de dire que les autorités française étaient activement impliquées dans le massacre d’un million de personnes dans votre pays ?

Le Président Paul Kagame: Oui, oui. Je m’ étonne que vous ne sachiez pas cela en tant que journaliste.

Stephen Sackur: Qui croyez-vous…

Le Président Paul Kagame: Je m’ étonne même que l’ on parle toujours de ca. Ils [les français] étaient là, on les a vus,...Je ne sais pas combien de preuves vous voulez avoir. Il y a des preuves documentées prouvant leur présence au front, entrain de se battre, entrain d’ entraîner la milice qui a commis le génocide. L’ ONU est au courant de cela, elle a été avertie avant le génocide.

Stephen Sackur: Monsieur le Président, cela fait 12 mois que le massacre d’un million de rwandais s’est passé. Si vous aviez des preuves solides sur l’implication de la France, pourquoi ne les avez-vous pas publiées pendant ces 12 longues années ?

Le Président Paul Kagame: Nous en avons parlé. En 2004, lors de la commémoration du 10ème anniversaire du génocide, je l’ai dit publiquement, devant des chefs d’Etats qui étaient au Rwanda à cette occasion et devant un ministre français. Je l’ai annoncé publiquement, et les gens en ont parlé, notamment ceux qui ont enquêté, les journalistes, les professionnels de tous genres qui ont suivi de près cette affaire. C’est une affaire connue du grand public. Les rwandais sont au courant…

Stephen Sackur: Il y a une commission d’enquête qui fait son travail actuellement concernant l’implication de la France. Qu’allez-vous faire? Allez-vous livrer des mandats contre des dirigeants français…lorsque cette commission aura soumis son rapport final?

Le Président Paul Kagame: Si nous avons des magistrats…Si la France a des magistrats qui peuvent livrer des mandats contre nous, certainement nous sommes mieux placés pour en avoir aussi qui puissent livrer des mandats contre eux dans cette affaire si les faits sont avérés.

Stephen Sackur: Bien sûr le président français de l’époque est déjà décédé. Dites-vous que cette culpabilité…

President Juvenal Habyarimana

Dominique de Villepin, Director of the Cabinet of the French Foreign Minister during the genocide.
© www.villepin2007.org

Le Président Paul Kagame: Il y a des dirigeants français qui étaient impliqués à cette époque et qui sont toujours en vie, tel que le premier minister actuel, de Villepin, qui était directeur de cabinet du ministre des affaires étrangères et qui...Ces personnes qui étaient directement impliquées dans la situation à travers leur soutien aux forces qui ont commis le génocide ! Nous avons une liste des noms de plusieurs officiers supérieurs, nous pouvons…nous avons leurs détails. Je ne veux pas…

Stephen Sackur: Vous êtes président d’un pays. Croyez-vous qu’il soit responsable de votre part de venir sur ce plateau affirmer que le premier ministre français était activement impliqué, était complice du massacre d’un million de personnes ?

Le Président Paul Kagame:Oui. Pourquoi cela vous semble étrange alors que vous me posez des questions au sujet d’un juge qui accuse un chef d’Etat de mon pays le Rwanda ? Pourquoi cela vous étonne ?

Stephen Sackur : Est-ce que le meilleur conseil ne serait pas que vous vous concentriez dès maintenant sur la reconstruction du Rwanda et l’apaisement des tensions qui persistent dans votre pays ?

L’un des réacteurs de l’avion de l’ancien président rwandais Juvénal Habyarimana

L’un des réacteurs de l’avion de l’ancien président rwandais Juvénal Habyarimana.
Source: http://www.rwanda-info.net

Le Président Paul Kagame: Je n’ai pas besoin de conseils. C’est ce que je suis entrain de faire. C’est seulement ce juge qui sort des non-sens pour essayer de nous détourner des objectifs que nous nous sommes fixés pour développer notre pays.

Stephen Sackur: En considérant ce qui se passe actuellement à l’ intérieur de votre pays, je me demande comment vous pouvez défendre que votre politique par exemple en matière de pluralisme, de democratie et des droits de l’ homme peut vraiment favoriser la cicatrisation des plaies et la réconciliation au Rwanda.

Le Président Paul Kagame: Ha ! C’ est de cela que je parle tous les jours. Les plaies se sont cicatrisées, le pays est stable, le pays connaît une croissance économique et le progrès, le peuple rwandais s’ est réconcilié. Il y a également la justice qui suit son cours, la démocratisation suit son cours, une nouvelle Constitution traitant de ses problèmes a été promulguée et c’ est sur base de celle-ci que nous nous sommes engagés dans le Mécanisme de la Revue des Pairs Africain sous l’ impulsion du NEPAD (Nouveau Partenariat Economique pour le Développement en Afrique), et le Rwanda était parmi les premiers. Le Rwanda et le Ghana étaient les tout premiers à se soumettre à cette revue des pairs. Jettez un coup d’oeil au rapport...

Stephen Sackur: Je l’ ai déjà fait. J’ ai lu le rapport du Mécanisme de la Revue des Pairs Africain et il y est mentionné : « Les partis politiques comme tels NE sont PAS capables de mener leurs activités en toute liberté. C’ est un véritable déni des droits politiques des citoyens »

Le Président Paul Kagame: Ce n’ est pas exact.

Stephen Sackur: J’ ai lu le rapport et ce qui y est écrit.

Le Président Paul Kagame: Ca c’ est sûr, il répète cette chanson pour tous les pays. Si vous…

Stephen Sackur: Mais nous parlons du Rwanda . Nous parlons du Rwanda où le rédacteur du journal Umuseso affirme : « il n’existe aucune forme d’opposition... »

Le Président Paul Kagame: Oh, mais les opposants existent, ils sont là, entrain de rabacher toutes sortes de non-sens. Des fois ils parlent des choses qui ressemblent à cela mais c’ est toujours la même chose...Le fait qu’ ils soient là entrain de mener leurs activités est même...une évidence.

Stephen Sackur: Comme vous le savez, il existe seulement un journal qui a des liens éloignés avec l’opposition. Je l’ ai déjà cité. Je peux également citer le Département d’ Etat américain qui, dans son rapport annuel sur le Rwanda, signale que votre propre élection a été« tachée de sérieuses irrégularités, d’ une campagne d’ intimidation à grande échelle contre l’ opposition » .

Le Président Paul Kagame : Cela fait partie de ce que je disais concernant des choses qu’un petit nombre de personnes disent être négatives. Il y a beaucoup plus de gens qui ont dit des choses positives en rapport avec cette élection....

Stephen Sackur: Permettez-moi de vous poser quelques questions concernant la situation de l’ancien président Bizimungu. Vous avez décidée de le coffrer pour 15 ans.

Le Président Paul Kagame : Oui, et vous savez pourquoi ?

Stephen Sackur: Parce qu’ il a fondé un parti d’ opposition

Le Président Paul Kagame: Non, ce n’ est pas vrai. Tout le processus judiciaire explique son cas. Ce n’ est pas moi qui l’ ai fait. C’ est la justice qui l’ a fait. Bizimungu a eu le temps de se défendre; il était poursuivi pour plusieurs chefs d’ accusation, notamment la fraude.

Stephen Sackur: Il a été condamné pour des faits dont il n’ était même pas accusé dès le départ.

Le Président Paul Kagame: Cela n’ est pas vrai. Il y a des chefs d’ accusation bien précis...L’ une d’ entre eux est la fraude. 200.000 dollars US appartenant aux gens qu’ il a pris et maintant il cherche à le justifier. Cet argent était offert par l’ Organisation de l’ Unité Africaine et était destiné aux orphelins. Il y a beaucoup d’ autres chefs d’ accusation. Tout cela n’ a rien à voir avec moi.

Stephen Sackur: Beaucoup de Hutu dans votre pays qui voient ce qui arrivent à Bizimungu...

Le Président Paul Kagame: Les Hutus! La plupart d’entre eux sont parmi ceux qui ont voté pour moi ; la majorité d’ entre eux. Nous avons…

Stephen Sackur:Beaucoup de Hutu voient ce qui est arrivé au président Bizizmungu qui a fondé un parti politique d’ opposition que vous avez qualifié de divisionniste et d’ extrémiste hutu. Vous savez bien que le président Bizimungu s’ est battu aux côtés du FPR, a été membre du FPR et a dû voir son frère tuer parce que les extrémistes hutu n’ avaient pas de confiance en lui.

Le Président Paul Kagame: Tout d’ abord, aucun de ses frères n’ a été tué. Deuxièmement, il a été avec nous un court moment ; troisièmement, il était entrain de faire ce qu’ il nous a lui même empêché de faire quand il était président, en invoquant des lois qui régissaient la transition. Il a lui même empêché aux gens de fonder des parties sur ces bases-là. Plus tard, quand la loi l’ a rattrapé sur ce sujet, il a commencé à crier.

Stephen Sackur: Toutes les points qui sont évoqués par le Mécanisme de la Revue des Pairs Africain, les journaux et le Département d’ Etat américain vous poussent à ouvrir votre pays au pluralisme, à avoir plus de confiance en votre peuple.. .

Le Président Paul Kagame: Laissez-moi vous démontrer comment notre pays est ouvert. Il est même plus ouvert que le Mécanisme de la Revue des Pairs Africain ou tout autre personne ne le pense. Au fait, nous avons une Constitution au Rwanda qui interdit au vainqueur de tout accaparer. Et ça c’ est un choix que nous avons fait. C’ est pour cela que le parti vainqueur ne prend pas tout pour lui seul, mais plutôt partage le pouvoir de telle sorte que les perdants trouvent leur place au gouvernement ; le président nomme les membres du gouvernement selon une procédure prévue par la Constitution ; il ne peut pas accorder plus de 50% des postes aux membres de son parti, et le reste doit etre partagé parmi les membres de l’ opposition ; le président de l’ Assemblée Nationale est issu du parti minoritaire. Ca c’ est des choix que les rwandais ont voulu faire en vue de corriger les erreurs du passé, et de combler le fossé qui s’ etait creusé dans la population et d’ cesser de diviser le pays, ce qui pourrait conduire à une situation semblable au génocide. Où est le problème avec ce schéma ? Je suis sûr que ceux qui tentent de scruter notre situation n’y comprennent rien. C’ est pour cette raison qu’ ils n’ ont pas compris le système Gacaca. C’ est pour cela...sous pretexte qu’ ils [les juges du système Gacaca] n’ ont pas de codes et lois sur lesquels se référer dans certains... remarquez qu’ ici on a pas besoin de se référer aux codes et lois dans ce type de situation. Vous avez à respecter les décisions du peuple. Et c’ est ça que le peuple rwandais a décidé ; y compris ces Hutu dont les gens ne cessent de parler

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